| | Un café et l'addition [ZEPHYR] | |
| | | Auteur | Message |
|---|
Tadzeï Hemmings

Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 77 [Votre Prénom] : Nepy/Hélène Avatar : Thandie Newton Mulicomptes : John Dushamel & Kallista Ivanov Your Character Âge: 34 ans Relations: Pouvoir:
| Sujet: Un café et l'addition [ZEPHYR] Sam 17 Mai - 14:49 | |
| Il n’était pas fabuleux ce café mais elle en avait besoin. Le temps n’était pas exactement au beau fixe mais elle ne s’en était jamais formalisée. De toute façon, à quoi ça servait de râler à propos du mauvais temps ou des embouteillages ? Ca n’avançait à rien. Mise à part peut être faire augmenter votre pression artérielle et constituer chaque jour un peu plus l’ulcère qui allait par la suite vous ronger l’estomac. Comme si il n’y avait déjà pas assez de façon de mourir. Surtout par les temps qui couraient. Elle pénétra à l’intérieur du Starbuck et sonda les lieux pour trouver une place libre dans un coin reculé. Elle s’installa à la petite table ronde pourvu de deux sièges. Sur l’un, elle s’assit et sur l’autre, elle installa son sac où se trouvait les documents que le commissaire lui avait demandé de traduire. A peine deux jours de présence et déjà surchargé de travail. Mais elle n’allait pas s’en plaindre, bien au contraire.
Commandant un expresso Sumatra, elle ouvrit son sac et commença la lente et laborieuse translation de documents administratifs détenus par l’un des gardé à vue. Aucun bureau n’était encore à sa disposition et on lui avait clairement fait comprendre qu’elle aurait beau attendre, elle n’en disposerait d’aucun avant ce qu’un des inspecteurs ne parte à la retraire ou que la ville consente à retirer l’assistante sociale des locaux, libérant ainsi de l’espace. A l’hôpital, si elle en avait un, elle devait le partager avec un traducteur russe qui en disposait d’un jour sur deux. Aujourd’hui n’était pas le sien. Plutôt que d’emmener le travail à domicile ou que d’exécuter sa tâche dans une salle d’interrogatoire basique, elle n’avait rien exprimé et s’était contentée de traverser la rue sans mot dire.
Pas que ce qu’elle faisait et les documents sur lesquels elle travaillait soient particulièrement passionnants mais lorsqu’elle faisait quelque chose, elle ne le faisait pas à moitié. Aussi lorsqu’elle releva la tête trois quart d’heures plus tard pour se détendre un peu les épaules, elle fut surprise de découvrir que le café était maintenant bondé. Chose un peu logique étant donné l’heure mais plus ou moins étonnant. Elle avait l’impression qu’à peine 10 secondes s’étaient écoulées. Avisant qu’il serait sans doute plus prudent de ranger ces documents confidentiels pour les reprendre plus tard, Tadzeï jeta un coup d’œil à son portable et mit le réveil discret vers 15 heures pour la faire se remettre au travail. Le coup de feu serait sans doute passé alors.
Elle attrapa ‘Ainsi parlait Zarathoustra’ de Nietzsche dans son sac et commença à lire ce classique philosophique sans accorder un seul regard de pitié ou d’accueil pour les pauvres âmes qui cherchait désespérément une place dans le café. Elle se demandait même pourquoi. Leur café n’était franchement pas terrible. Presque équivalent au jus de chaussette londonien. Mais visiblement, c’était tout ce qu’il y avait à offrir et elle devait bien avouer que c’était difficile de passer après les bons petits cafés parisiens. C’était tout autre ambiance.
‘L'homme a besoin de ce qu'il y a de pire en lui s'il veut parvenir à ce qu'il a de meilleur.’ _________________
Simple to see why I breathe No one bothers me completely |
|  | | Zéphyr Hogan A Double|Tranchant...

 Age : 18 Inscrit le : 17 Mai 2008 Messages : 194 [Votre Prénom] : Lee Avatar : Matt Dallas Mulicomptes : Caleb Eliacin Your Character Âge: 25 ans Relations: Pouvoir:
| Sujet: Re: Un café et l'addition [ZEPHYR] Dim 18 Mai - 12:46 | |
| C'est totalement trempé dans la partie inférieure de son corps et pourtant tout sourire que Zéphyr rentra au Starbuck ce soir-là, après avoir gagné encore quelques précieux milliers au casino. Pour changer, le jeune homme avait fait preuve d'une ruse habile pour s'en sortir comme un chef. Inscrit dans un petit tournoi, il avait raflé le premier prix, se battant dans la manche finale avec une simple paire d'as, et gagnant sans aucun problème. Ca en devenait tellement simple qu'il en venait parfois à penser que seul Las Vegas saurait parfaitement le contenter, et serait à la hauteur de son intelligence.
A vrai dire, le jeune homme n'avait pas pour habitude de venir dans ce café après le travail, privilégiant en général quelques bars du quartier Ouest bien branchés où il était relativement connu. Mais cette fois, la matinée ayant été ensoleillée, le beau brun avait décidé de flâner un peu, craquant pour un t-shirt sympa dans une boutique de luxe du quartier sud avant d'aller au casino. Il n'avait pas franchement prévu que lorsqu'il en sortirait - vainqueur - une averse monumentale lui tomberait sur le coin du nez. Fort heureusement, Zéphyr possédait un casier au casino, et donc un parapluie en réserve au cas où. Il évita donc un ruinage de brushing absolu, mais ses chaussures ainsi que la moitié de son pantalon en jean impeccable il y avait de ça dix minutes s'étaient retrouvés noyés. Tant pis. Ca expliquait pourquoi il était au Starbuck, petit lieu sympa le plus proche du casino. Et puis, un café ne lui ferait pas de mal.
Il en commanda un, décaféiné en plus de ça, et s'installa à une table, seul, décidant qu'il était temps de partir à la chasse aux infos, son activité favorite. Mais, par malchance, l'endroit était bondé de chez bondé. Difficile d'entendre quoi que ce soit parmi la masse des conversations, et il ne connaissait personne de présent. Pas très simple d'aborder quelqu'un avec un tel chahut, surtout qu'en général, c'était les gens qui venaient à lui.
Il repéra pourtant une silhouette familière au fond du café, la tête à l'air renfrognée plongée dans un bouquin, faisant totalement abstraction du monde extérieur. Puisque, décidément, ça ne serait pas aujourd'hui qu'il dénicherait une association de mutants, autant aller lui dire bonjour, quitte à se faire bouffer une main.
Il arriva à son niveau après moult péripéties qui avaient failli coûter la vie à son café, qu'il décida de boire dans un élan de courage, en se brûlant à peu près la moitié de l'œsophage - il préférait ça à une vilaine tâche sur sa veste blanche - et posa délicatement le sac par terre pour venir s'installer en face de Tadzeï, qui ne lui prêta aucune attention. Il pencha la tête de côté, lut le titre de son livre et ricana de façon à peu près inaudible. Il haussa un peu la voix pour qu'elle sorte de sa rêverie et pour se faire entendre au-dessus de tout ce bruit.
- Comment tu peux lire un truc pareil? Perso, je refuse de prêter une seule seconde d'attention à un pseudo-philosophe qui déclare en se prenant presque au sérieux: « Je ne pourrais croire qu'à un Dieu qui saurait danser. »
Il lui décocha un sourire qu'il savait d'avance qu'elle trouverait agaçant, et appuya son corps de tout son poids sur le dossier de sa chaise. _________________
Ajoutez ce sourire et elles ne résistent pas... |
|  | | Tadzeï Hemmings

Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 77 [Votre Prénom] : Nepy/Hélène Avatar : Thandie Newton Mulicomptes : John Dushamel & Kallista Ivanov Your Character Âge: 34 ans Relations: Pouvoir:
| Sujet: Re: Un café et l'addition [ZEPHYR] Dim 18 Mai - 16:16 | |
| Ca faisait deux jours qu’elle était là. Et pourtant, aucun résultat encore concret. Ca la frustrait considérablement. Mais on lui avait bien fait comprendre que pour le moment, la répétition de ce qu’il s’était passé à Dresde ne devait pas avoir lieu. Les termes exacts étaient en vérité qu’ils ne devaient plus jamais avoir lieu. Ce désastre avait apporté davantage une sympathie à l’encontre de cette race à exterminer plutôt que le résultat recherché de stigmatisation. Bien sûr, elle n’avait fait que suivre les ordres. Bien sûr, elle avait sa part de responsabilité dans l’idée germée de prendre le mal à la racine. Mais elle avait été assez habile pour manipuler son chef de réseau et lui faire croire que tout était de lui. Intelligente, rusée et mesquine, les qualités requises pour être mutée ici vraisemblablement. C’était sans doute un honneur d’être envoyée dans la cellule souche du Front. Mais voilà, on parlait. On n’agissait pas. Or elle était une femme d’action. Elle ne supporterait pas longtemps ce régime d’abstinence. La rage lui nouait l’estomac pendant ces longues heures d’attentes. Il fallait vite un mutant à exterminer. Ca la détendrait un maximum.
Elle pencha légèrement la tête de côté, faisant craquer ses cervicales en causant un bruit qui sembla indisposer ses voisins qui lui lancèrent un regard agacé. Elle ne leur prêta pas la moindre attention bien entendu. Lorsque c’était comme ça, elle se repliait en elle-même. Presqu’en plein milieu d’une bulle qui semblait difficile à être percée. Et pourtant, elle était parfaitement consciente de son environnement. A ce titre, elle était remarquablement femme, capable de faire plusieurs choses à la fois. Lire un livre, faire ses traductions, rester attentive au détail des agissements des personnes autour d’elle-même dans une foule pareille et surtout écouter discrètement les conversations semblant intéressantes.
Elle entendit puis sentit le nouvel arrivant s’installer à sa table, sans demander l’autorisation bien évidemment. Et qui déclarait déjà que la politesse et la galanterie était morte ? Elle continua de l’ignorer jusqu’à ce qu’elle soit obligée de ne plus pouvoir faire semblant. C'est-à-dire lorsqu’il s’installa en face d’elle et lui adressa la parole en l’attaquant directement sur ses lectures. Tout pour se rendre intéressant. Le défaut de la jeunesse dirons-nous. Ca ne la perturba pas pour autant et elle se contenta de relever légèrement les yeux de son livre quelques instants afin de vérifier qu’il ne lui vienne pas l’idée saugrenue de fouiner dans ses affaires.
On ne savait jamais. Après tout, elle ne le connaissait pas ou si peu. Tout juste savait-elle son nom. Et son attitude ne lui donnait pas franchement envie d’en connaître davantage. De toute façon, quelque soit l’attitude, elle n’aurait pas eu envie de faire connaissance de toute manière. On ne pouvait pas dire qu’elle soit très sociable, hormis lorsque c’était requis pour ce qu’elle avait à accomplir. Opportunisme quand tu nous tiens.
« Parce qu’il est difficile de se taire, raison pour laquelle, il est difficile de vivre avec les humains. » répondit-elle de sa voix toujours glaciale et unie, ne laissant rien passer. Pas même l’exaspération ou l’ennui profond de devoir discuter avec un des représentant de la précitée classe humaine.
Tout en poursuivant la lecture, elle but une gorgée de son café extra corsé qui avait globalement refroidi. Ca ne la gênait pas plus que ça. Rien ne la dégoûtait. Lorsqu’elle eut reposé sa tasse, elle interrogea calmement son voisin et collègue :
« Tu dois me dire quelque chose peut être ? »
Un plan, une machination, des mutants repérés, bref une des raisons pour laquelle elle devait se trouver là avec lui et devoir lui parler. _________________
Simple to see why I breathe No one bothers me completely |
|  | | Zéphyr Hogan A Double|Tranchant...

 Age : 18 Inscrit le : 17 Mai 2008 Messages : 194 [Votre Prénom] : Lee Avatar : Matt Dallas Mulicomptes : Caleb Eliacin Your Character Âge: 25 ans Relations: Pouvoir:
| Sujet: Re: Un café et l'addition [ZEPHYR] Dim 18 Mai - 20:16 | |
| Il était vrai que ça ne faisait pas franchement longtemps que la jeune femme au nom étrange - en même temps, il pouvait parler! - était dans le clan. A peine deux jours, peut-être un peu plus, il ne se rapellait pas bien. Il ne savait même pas grand chose d'elle. Cooper l'avait présentée à tous les membres, de façon tout à fait vague. Juste histoire de dire qu'elle faisait partie de la famille. Et pour Zéphyr, une nouvelle arrivante était une bonne chose. Il était certes ambitieux, au point de vouloir péter le nez de ce cher Brody Stevens avec une telle violence que son poing tremblait encore au réveil quand il venait de se l'imaginer. Déjà qu'il dormait peu... En plus de ça, ses rêves avaient tellement d'ampleur qu'ils lui bouffaient toute capacité réparatrice du sommeil, tout le calme que ça lui apporterait. Bien sûr, Zéphyr n'était jamais fatigué ou exténué. Il parvenait à trouver le sommeil parfois difficilement, mais pas toutes les nuits non plus. Satané pouvoir, qui en venait à annuler la fatigue. Il valait mieux pour lui faire une heure de sport avant le dodo s'il comptait sombrer dans les bras de Morphée.
Bref, c'était sans importance. Ce qu'il savait, c'était qu'une nouvelle était la bienvenue. Ses ambitions et sa méchanceté ne l'empêchaient pas de faire ami ami avec ses collègues. Il se révélait même plutôt sympathique à ce niveau-là! Il fallait dire qu'il était l'informateur, et bien qu'il communiquait tout ce qu'il savait à Cooper, il était souvent présent lors des briefings avec les autres membres, pour parler de ce qu'il savait avec exactitude. Il interagissait avec la plupart des membres du front, les connaissait tous, et n'aimait pas en avoir un ou plusieurs sur sa liste noire. Le front devait être uni, c'était comme ça et point final.
Cette fille était étrange. Elle avait quelque chose d'inhabituel dans le regard, comme si elle avait vécu quelque chose que personne ne doit jamais vivre. Et même temps, quelque chose de familier à Zéphyr. Une sorte de détresse silencieuse, et une froideur terrible. Rien qu'à ses yeux, on savait. Qu'elle avait tous les capacités requises pour être membre du front. Et Zéphyr appréciait ça. Certes, il n'avait pas tellement son mot à dire quand il ne sentait pas quelqu'un, mais il en parlait parfois à Cooper. Quelques traîtres avaient été dénichés grâce à lui. Quelques morts donc aussi.
Son sarcasme amusa le jeune mutant - quelle insulte dans sa bouche, et si ça venait à se savoir ... - et garda sur son visage son sourire qui devait sans nul doute l'agaçer au plus haut point. Mais pourquoi pas? Finalement, Zéphyr n'était pas si désagréable que ça, sauf envers les affreux membres de sa propre espèce.
Si elle savait...
Qu'elle ne parlait pas à un humain en plus de ça. Mais c'était sa couverture. Son indispensable couverture.
- Parce que tu crois que les mutants sont moins bavards que nous?
Oh, mais c'était là tout le contraire. Voilà pourquoi il était si facile de les repérer, pour certains. Il suffisait que le mot Brewford arrive aux oreilles de notre jeune espion pour qu'il fasse abstraction de toutes les conversations alentours. Plusieurs mutants pensaient qu'ils pouvaient parler sans crainte d'être entendus. Et donc, plusieurs mutants étaient morts. Dommage non?
S'il devait lui dire quelque chose? A priori... non, rien de spécial. Enfin, il n'en avait pas le souvenir. Il venait juste engager la conversation pour voir un peu ce qu'elle avait dans le ventre, mais il doutait qu'elle soit du genre à tailler une bavette avec n'importe qui. Tant pis. Quand Zéphyr avait une idée dans la tête, difficile de la déloger. Mais bon, puisqu'il se doutait que la conversation ne l'intéressait pas, il fallait bien qu'il trouve un prétexte qui l'intéresserait...
- Hum ça se pourrait...
Il chercha à toute vitesse quelque chose susceptible de l'intéresser. Une opération, un truc que Cooper lui aurait... Ah, ça y était.
- Tu chercherais pas un peu d'action toi? Et Cooper voudrait sans doute que tu fasses tes preuves. Il lui manque un pion sur son échiquier pour une petite mission qui lui tient à coeur. Je te mets sur le coup?
Car Cooper lui faisait parfois assez confiance pour lui demander de trouver une personne adaptée à la situation. En tout bon observateur, Zéphyr jugeait vite, et jugeait bien. Il fallait une hyène pour terminer l'équipe, et elle paraissait encore pire que la bête en question. Son sourire s'évanouit peu à peu et il la fixa. _________________
Ajoutez ce sourire et elles ne résistent pas... |
|  | | Tadzeï Hemmings

Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 77 [Votre Prénom] : Nepy/Hélène Avatar : Thandie Newton Mulicomptes : John Dushamel & Kallista Ivanov Your Character Âge: 34 ans Relations: Pouvoir:
| Sujet: Re: Un café et l'addition [ZEPHYR] Dim 18 Mai - 23:06 | |
| Ca ferait 9 ans jour pour jour demain. 9 ans qu’elle avait dû donner naissance à un enfant dont elle avait attendu en vain le premier cri. 9 ans qu’elle vivait avec ce fardeau que pourtant elle niait. A quoi bon pleurer ce qui n’avait jamais été ? 9 ans qu’elle avait coupé tout lien maternel en elle. 9 ans qu’elle n’adressait plus la parole à Noah. 9 ans qu’elle vouait une haine quasi viscérale pour ceux qui ne méritait pas de vivre. Ceux qui avait volé la vie. Ceux qui lui avait volé sa vie. Elle n’avait jamais été très anniversaire. Elle n’avait jamais fêté cette célébration pour le moins morbide. A peine avait-elle consenti à assister à la libération des cendres – aussi maigres soient-elles – sur les bords de la Tamise. Ce n’est certainement pas aujourd’hui qu’elle commencerait. De toute manière, elle avait longtemps admis le fait que les sentiments affaiblissaient, voire même asservissaient leur auteur. Pourquoi courber l’échine devant ? Elle n’était pas le genre de femme à s’agenouiller ou s’avouer vaincue. Si elle l’avait été aurait-elle été capable de faire tout ce qu’elle avait exécuté pour le Front ? Non. C’était donc une bonne chose son manque d’humanité. Il l’aiderait à sauver cette humanité.
Sans un soupir, sans un regard, elle finit par refermer son livre après avoir minutieusement marqué sa page afin de la retirer plus tard. Ce serait difficile de se pencher sur la pensée nietzschienne si son camarade ne cessait de bavasser comme il semblait adorer le faire. Si elle devait lui prêter un animal totem, ce serait sans conteste le coq. Fier de lui, montrant ses plumes et caquetant quant bien même on ne démontrait aucun volonté de l’inciter à la faire. Avec comme toujours une grâce infinie et naturelle dans chacun de ses gestes, elle le rangea dans son large sac de cuir tanné et croisa ses jambes en attrapant sa tasse de café froide désormais.
« Quand ils me croisent, oui. » répondit-elle sans un seul soupçon de sentiment, avec presque la voix d’une machine.
Ce qu’elle était en fin de compte. On ne pouvait atteindre une machine. On ne pouvait arrêter quelqu’un qui ne ressentait plus rien. Ca faisait les meilleurs soldats. Les mayas ne rendaient-ils pas fous quelques uns de leurs soldats afin de les envoyer au front comme premières lignes ? Bien évidemment, ils ne s’en sortaient jamais vivants mais entre temps, ils avaient la possibilité de tuer un nombre conséquent d’ennemis, facilitant grandement le travail de leurs compagnons. A la différence toute fois que Tadzeï n’était pas dérangée. Au contraire. Ce qui la rendait d’autant plus redoutable. Quant à ce Zéphyr … Elle ne le connaissait pas encore assez pour ce faire une opinion de lui. Mais rien qu’à son physique et ce qui semblait émaner de lui … ça ne lui plaisait pas. Bon il fallait avouer que jamais rien ni personne ne plaisait à l’africaine. Mais de toute manière, elle attendait toujours avant de se forger une opinion. On était jamais sûr de rien. On pouvait s'avérer surpris. Que ce soit en bien ou en mal. Peu importait, la jeune femme attendait avant de voir. Histoire de toujours avoir cet air blasé qui ne la quittait plus. Elle releva son regard d’obsidienne ne laissant rien passer, telle la surface placide et lugubre d’un lac quelconque, et but une gorgée de son café avant de la poser à nouveau sur la table.
« J’ai déjà fait mes preuves. » se contenta-t-elle de répondre dans l’ombre d’un sourire mais savait-elle encore sourire ?
Elle passa une de ses longues mèches raides et rêches derrière son oreille en promenant son regard sur la foule innocente du café. Avaient-ils conscience du cancer qui rongeait leur société ? Certaines en étaient peut être déjà la cause.
« De quoi s’agit-il ? » interrogea-t-elle, toujours sans le moindre soupçon de quoi que ce soit, se ce n’est une donnée purement informative.
Elle s'en ficheait. Elle faisait ce qu'il y avait à faire. Ou attendait qu'il y ait quelque chose à faire mais il était évident qu'elle préférait faire. Elle avait goûté trop souvent au goût de la destruction pour ne plus en jouir. La seule chose désormais qui faisait naître quelque sentiment en elle : la satisfaction. _________________
Simple to see why I breathe No one bothers me completely |
|  | | Zéphyr Hogan A Double|Tranchant...

 Age : 18 Inscrit le : 17 Mai 2008 Messages : 194 [Votre Prénom] : Lee Avatar : Matt Dallas Mulicomptes : Caleb Eliacin Your Character Âge: 25 ans Relations: Pouvoir:
| Sujet: Re: Un café et l'addition [ZEPHYR] Dim 18 Mai - 23:28 | |
| Plus la conversation avançait, et plus Zéphyr avait l'impression de parler avec... un distributeur automatique. C'était à peu près ça. Insérez la carte, tapez votre code, indiquez la somme à retirer, désirez vous un ticket? retirez votre carte pour obtenir les billes, n'oubliez pas votre ticket. Très mécanique, neutre et totalement dénué d'émotions. Ok, Zéphyr n'était pas franchement le genre de type à s'émouvoir de n'importe quoi, au contraire. Derrière son double jeu, il était même plutôt froid. Mais il avait quand même un coeur, qu'on semblait avoir arraché de la poitrine de son interlocutrice. Levant les yeux au ciel à la réponse de Tadzeï, Zéphyr comprit immédiatement à quelle genre de tigresse il avait affaire. Du genre à sortir les griffes pour la moindre contrariété, et à ignorer les parasites... dans son genre? Elle avait plutôt intérêt à comprendre l'importance du jeune mutant aux yeux du front si elle voulait se retrouver en première ligne, puisque faisant partie d'après Cooper de la milice du front.
A en croire ses paroles, elle était une pure machine à tuer. Oh, il n'en doutait pas vraiment. Rien qu'à observer ses grands yeux sombres qui auraient pu vous exploser la cervelle rien qu'en vous jetant un simple regard désintéressé. Terminator 3, la tueuse était une femme non? C'était un peu ça d'ailleurs! Une machine à tuer. Pour un peu, il l'aurait bien vu attirer à elle son gobelet de café à la Sylar avant de découper le crâne au premier gars qui la bousculerait. Mais il y avait fort à parier qu'elle n'était pas une mutante...
... Elle!
Il fit taire cette voix gênante et ne répondit même pas, préférant se focaliser sur la suite de la conversation. Zéphyr ne doutait absolument pas que la jeune femme ait fait ses preuves. Limite les taches de sang étaient matérialisés sur sa peau tant elle respirait le massacre, quand on savait qu'elle était de la milice... Zéphyr n'avait rien à craindre d'elle, la moindre griffure se cicatrisant dans la minute, à peine. Mais si elle découvrait, ça serait le massacre assuré. Certes, Cooper ne pourrait jamais le tuer - personne ne pouvait le tuer! - mais il serait renvoyé du front. Seigneur, quelle horreur. Quelle tragédie même pour lui.
- T'as peut-être cartonné ailleurs, mais à Shade Creek t'es personne. Cooper veut pas des "on dit". Il veut du concret.
Mais elle semblait plus intéressée par ce qui se passait dans le café. Zéphyr était quasi certain, avec un espèce de sixième sens développé avec le temps, que quelques infâmes mutants se planquaient là. Pourquoi pas la blondinette à gauche? Ou le vieux barbu du fond? Bref, stoppons la paranoïa, il n'était pas en train d'espionner pour le moment.
Zéphyr hésita plus ou moins à donner trop d'informations à son interlocutrice. Cooper lui faisait confiance, ça n'était pas pour balancer n'importe quoi à la première occaz'. Zéphyr n'était pas une balance. Sauf quand son métier le lui imposait, bien sûr. Là, il crachait tout ce qu'il savait avec un plaisir aucunement dissimulé.
- C'est à Cooper de faire le briefing, pas à moi. Tout ce que je peux te dire, c'est que c'est pas du repérage. Et que ça risque de saigner. On a besoin de bons guerriers...
Il maqua une légère pause, cherchant à croiser le regard de cette espèce de psychopathe inoffensive pour lui en tout cas. Avant de reprendre d'une voix totalement sérieuse, un léger rictus venant barrer sa gueule d'ange tout à coup moins niaise que lorsqu'il était le bon nounours de ces dames.
- Et à mon avis, tu te débrouilles mieux à casser de l'anomalie qu'à alimenter une conversation entre gens civilisés... _________________
Ajoutez ce sourire et elles ne résistent pas... |
|  | | Tadzeï Hemmings

Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 77 [Votre Prénom] : Nepy/Hélène Avatar : Thandie Newton Mulicomptes : John Dushamel & Kallista Ivanov Your Character Âge: 34 ans Relations: Pouvoir:
| Sujet: Re: Un café et l'addition [ZEPHYR] Lun 19 Mai - 17:10 | |
| Sans montrer d’attention au jeune homme au corps ennuyeusement parfait devant elle, Tadzeï observa attentivement le manège d’un jeune homme derrière lui. Grand, blond, athlétique, le genre qui fait pâmer toutes les filles de son lycée de sixième à la terminale. Il porta son café à ses lèvres mais visiblement, il était trop chaud. Doux euphémisme au vu de la grimace qu’il décrocha en éloignant le gobelet et en aspirant l’air pour se refroidir un peu. Il se passa la main sur les lèvres et au lieu de souffler sur son breuvage comme tout individu normalement constitué – ou du moins tout être humain – il posa sa paume au dessus de son gobelet, empêchant la fumée de s’évaporer naturellement. Il sembla se concentrer quelques instants, une question de seconde, et lorsqu’il la retira, tout filet de fumée avait disparu comme par enchantement. La jeune femme soupira avant de baisser les yeux en prenant un carnet à spirale où elle inscrivit les détails de l’individu. Elle sentit une veine de son cou se mettre à tressauter furieusement. Une manie qui se passait dès que la colère battait ses tempes sans qu’elle ne parvienne à l’exprimer physiquement ou oralement.
« Il est fiché ? » chuchota-t-elle en terminant sa description avant de claquer la page de garde et de réinstaller le précieux carnet dans son sac.
Elle venait d’arriver et n’avait pas encore toutes les cartes en mains. Elle savait comment fonctionnait la cellule à Londres et à Dresde mais pas ici. C’était la même chose et en même temps, différent. Chaque cellule avait ses petites habitudes ou manies pour être exacte. Mais toutes tendaient vers un seul et même but qui faisait plus que lui plaire. Elle observa l’adolescent ou le jeune adulte sortir du café avant de reporter son attention sur son interlocuteur.
Comment pouvait-il agir au vu et au su de tous ? Ne comprenaient-ils pas ce qu’ils étaient ? Des erreurs de la nature. Des choses, pas mêmes des êtres humains, qu’ils se devaient d’exterminer. Elle serait à leur place, elle n’utiliserait ô grand jamais ses pouvoirs en public. Pis, elle se serait même donnée la mort. Ils n’avaient pas leur place sur cette Terre. Ils devaient se terrer. Se cacher. Cesser d’exister. Pas faire ce qu’il venait de faire. Les héros de bandes dessinées ne devaient rester que dans les bandes dessinées. C’était une utopie de croire qu’ils défendraient le bien. Le pouvoir était corrupteur. C’était une chose connue et incontestable. Alors pensez vous. Des personnes capables de voler, d’arrêter le temps, de contrôler le ciel … On n’était pas loin de l’édification d’une nouvelle race qui se considèrerait supérieur aux êtres humains normaux. C’était une pure prévention d’utilité publique et mondiale ce que les membres du front exécutaient.
L’ombre de son sourire s’accentua légèrement. Elle n’était pas le genre de femme à être aimable ou sociable dans la vie de tous les jours. Enfin quand il n’y avait pas de véritables enjeux. Et ses collègues de Dresde et de Londres le savaient pertinemment. Elle avait l’habitude qu’ils sachent complètement sa valeur et agissaient en tant que telle. Mais elle devait s’y faire. Ici, ils ne la connaissaient pas et de par certains côtés, c’était sans doute mieux ainsi. Elle devait donc se reforger une réputation à nouveau. C’était le prix à payer lorsqu’on avait la bougeotte comme elle. Tout recommencer à chaque fois. Et donner le change en toute circonstance. Ca s’avérerait peut être payant.
« Tu préjuges bien. »
Elle termina finalement son café depuis longtemps glacial et entreprit de se sociabiliser un peu. Après tout, ça ne mangeait pas de pain. A peine sourire lui écorcherait la bouche. Ce n’était pas comme si elle n’avait pas l’habitude. Elle n’était plus à Londres. Plus à Dresde et il lui avait bien rappeler.
« Alors. Qu’est ce qui t’as amené à faire ça ? »
Elle aimait tout connaître de ceux avec qui elle était amenée à travailler. Devait-on rappeler qu’elle détestait être surprise ? _________________
Simple to see why I breathe No one bothers me completely |
|  | | Zéphyr Hogan A Double|Tranchant...

 Age : 18 Inscrit le : 17 Mai 2008 Messages : 194 [Votre Prénom] : Lee Avatar : Matt Dallas Mulicomptes : Caleb Eliacin Your Character Âge: 25 ans Relations: Pouvoir:
| Sujet: Re: Un café et l'addition [ZEPHYR] Mar 20 Mai - 16:30 | |
| Décidément, elle lui faisait bien comprendre que la foule était plus intéressante que sa propre petite bouille d'ange. Bin quoi, elle avait quoi sa bouille? On s'évertuait à lui dire qu'il était mignon comme un coeur! Comme quoi, même un teint pâle et de beaux yeux verts ne pouvait adoucir toutes les rancœurs du monde. Et de la rancœur, elle en avait visiblement à revendre! Certes, elle semblait tout à fait indifférente, mais Zéphyr n'était pas dupe. Pour devenir aussi froide et dure que l'iceberg qui avait coulé le Titanic, elle avait forcément beaucoup, beaucoup de rancœur. Vis-à-vis de quoi? Ca n'était pas les affaires de Zéphyr, et il s'en contrefichait d'ailleurs autant que ce qui c'était passé en mai 68 en France. Ca ne le regardait pas, donc il ne s'y intéressait pas. Quoi de plus logique? Intéressé le jeune homme? Forcément. Quand on passe sa vie à espionner, on a vite fait le tri des informations non indispensables.
Et puis, soudainement, elle brandit un cahier à spirales et y nota furieusement des choses qu'il ne pouvait pas lire. Sa curiosité l'emportant, il aurait pu passer sa tête par-dessus, mais ça aurait été très malpoli et surtout, il ne voulait pas spécialement se manger une baigne, là, devant tout le monde. Imaginez que le bleu disparaisse miraculeusement... comment aurait-il bien pu expliquer ça? Elle l'aurait exterminé sur place, du moins elle aurait essayé en vain puisque son plus grand fléau, c'était de ne justement pas pouvoir mourir. Dommaaaage...
Elle lui parla alors, et Zéphyr fut quelque peu étonné qu'elle daigne s'intéresser à lui, pauvre petit angelot, alors que ce qu'elle gribouillait paraissait être aussi capital que la constitution pour les américains. Il haussa un sourcil, surpris, et se retourna en scrutant la foule pour essayant de comprendre ce qu'elle essayait de dire. Il remarqua alors immédiatement de qui elle voulait parler, en même temps, ça n'était pas compliqué. Taylor. Ce type était tellement imprudent que la moitié du café aurait pu découvrir qu'il était anormal. Il s'amusait à geler un lac en plein été, à refroidir son coca quand il avait pris le soleil, et ce sans faire attention aux regards des gens. Pathétique. Zéphyr se retourna vers Tadzeï et la fixa droit dans les yeux, l'air tout à fait au courant.
- Taylor Anderson. Mutant n° 4265. Cryokinésiste. Né le 14 novembre 1988 dans l'état de l'Ohio.Seul anomalie de la famille. Elève de troisième année à l'institut Brewford. Particulièrement imprudent.
Il ajouta, d'un ton encore plus détaché et sec, moins mécanique pourtant.
- Découvert par mes soins.
Dès que l'adolescent type surfeur d'Hossegor était apparu à Shade Creek, Zéphyr avait remarqué son côté louche. Il était décidément trop étrange, et ses doigts scintaillaient parfois, chose inhabituelle. En une semaine, Zéphyr l'avait balancé à Cooper. Mais voilà, 3 ans qu'ils savaient qui il était, et 3 ans qu'ils ne pouvaient rien faire. Zéphyr soupira, plus d'un air blasé qu'autre chose.
- Mais toujours en vie. Put*in, je rêve qu'on se fasse ce salaud arrogant depuis que j'ai découvert que sa petite gueule d'ange cachait un monstre. Problème, il est à l'institut. Si on fait ça, on déclenche une guerre...
Et ça n'était vraiment, vraiment pas le moment.
La conversation se poursuivit sur la petite mission exterminatrice, razzia à Shade Creek en quelque sorte. Et elle n'eut pas besoin de le confirmer pour qu'il sache qu'elle était une espèce de Xena la guerrière avec une plastique un peu différente. Mais Zéphyr savait que ça allait marcher. La flatterie. Enfin, pas une fausse flatterie. Tout ce qu'il avait dit, c'était vrai. Mais montrer à cette femme qu'on voyait ce qu'elle valait devait sans doute la rendre fière et redoutablement plus efficace encore.
Zéphyr fut surpris, dans le mauvais sens du terme, quand elle s'avisa qu'il était bon de faire la conversation. Déjà, il n'aurait jamais cru qu'elle prenne cette initiative. Mais soit, si elle avait envie... Mais pas sur ça. Pas sur ça...
C'était vraiment le sujet à éviter avec Zéphyr, le sujet que tout le monde évitait soigneusement avec lui, sauf Cooper mais ça ça n'était pas grave. Zéphyr refusait de parler de ça ou alors, la colère lui montait aux joues. Les autres membres du front savaient pourquoi il faisait ça. Le bouche à oreille... Mais elle, la nouvelle... Les deux pieds dedans. Pourtant, il ne pouvait pas l'envoyer purement balader, aussi laissa-t'il s'égrener quelques secondes avant de répondre, s'efforçant de dénouer sa gorge.
- On ne peut décemment pas laisser des tueurs surpuissants dans la nature.
Point. Elle n'en saurait pas plus. C'était le strict minimum. Suffisant pour qu'elle sache qu'il les avait vu à l'œuvre, violence gratuite envers quelqu'un de cher à ses yeux. Si elle voulait plus d'infos, elle irait voir ailleurs.
Il pointa légèrement le menton vers elle, les bras croisés et s'efforçant d'oublier les cris de Gabriel qui lui revenaient à l'esprit par vagues, d'un geste qui montrait qu'il lui retournait la question. _________________
Ajoutez ce sourire et elles ne résistent pas... |
|  | | Tadzeï Hemmings

Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 77 [Votre Prénom] : Nepy/Hélène Avatar : Thandie Newton Mulicomptes : John Dushamel & Kallista Ivanov Your Character Âge: 34 ans Relations: Pouvoir:
| Sujet: Re: Un café et l'addition [ZEPHYR] Mar 20 Mai - 20:14 | |
| Tadzeï avait conservé le stylo dans sa main. Une mauvaise habitude héritée de sa période quelque peu troublée et troublante de l’adolescence. Elle avait toujours besoin d’avoir quelque chose en main. Y consacrant toute son attention. Ca l’aidait elle ne savait comment à se concentrer. D’autres diraient à se donner une contenance mais elle n’avait pas besoin de ça. Faisant tourner son stylo dans les mains à l’image d’une de ces chères cheerleaders que connaissait ce pays qu’elle venait à peine de rencontrer, elle hocha lentement la tête à l’énoncé du compte rendu sur le mutant, ne pouvant s’empêcher de ricaner légèrement. Particulièrement imprudent, c’était un euphémisme comparé à ce qu’il venait de faire. A Dresde, ça n’aurait jamais passé. Du moins, depuis il y a quelques semaines. Avant, ils étaient comme ici. Aujourd’hui, ils avaient peur ou avaient fui. C’était plus difficile par conséquent de les repérer. Mais ce n’était pas une si mauvaise chose si on s’y penchait davantage. Le fait qu’ils vivent dans une certaine sécurité. Un sentiment de bien être. Ca les incitait à se trahir et donc à les repérer plus aisément. Les deux côtés avaient leurs avantages et inconvénients. Le plus grand dans l’histoire était de devoir vivre avec en attendant que les gouvernements et l’O.N.U. ne décident enfin de la solution.
Finalement, elle consentit à planter son regard dans celui azur de son interlocuteur. Les yeux bleus, une peau nacrée de bébé, des lèvres charnues et un sourire qui devait se faire pâmer plus d’une. Le prototype même de la belle gueule et rien d’autre. Il n’exprimait rien pour elle. Tout n’était qu’apparence chez lui. Le brushing impeccable. Les chaussures de marque. Le jean serré comme et où il fallait. Rien. Rien d’autre. Du moins, au premier coup d’œil. Il donnait l’impression du type sûr de lui, très au fait de sa beauté mais au final, il y avait forcément quelque chose de brisée derrière. C’était ce genre de détail qui intéressait Tadzeï. La perfection l’ennuyait prodigieusement. Mais heureusement pour lui sans doute, la majorité des femmes – ou plutôt des dindes pour employer le mot exact – semblaient davantage fascinées par une plastique impeccable qu’une gueule cassée. Elle aimait toujours ne rien faire comme les autres. Pas qu’elle leur soit pour autant supérieur. Quoi que …
« Toutes mes félicitations alors. » déclara-t-elle dans un murmure comme si elle le félicitait pour la cérémonie d’un mariage quelconque et dont elle n’avait rien à faire.
En même temps, pas très difficile de le découvrir celui-là. S’il ne se cachait même pas pour exécuter son pouvoir … Elle ne put s’empêcher de retrousser son nez en l’entendant ensuite parler. Elle détestait ça. Elle n’employait jamais d’injure ou de mots vulgaires. Sa mère l’avait bien élevé dans les traditions. Si elle avait le malheur de parler de bordel ou d’injurier ses frères, un joli aller-retour l’attendait au tournant. Mais elle ne releva pas vraiment, se contentant d’hocher la tête. Dommage. Une bonne guerre ne ferait jamais de mal. Certes, ils n’étaient pas les plus nombreux et pas les plus forts sans doute. Mais la quantité ne valait pas toujours la qualité.
« Alors ils sont immunisés contre les crimes ? »
Elle hocha négativement la tête, une colère froide tamponnant ses veines. Toujours ce sentiment de supériorité et de puissance. Comme s’ils valaient mieux que les humains.
« C’est réservé à nos pauvres humains, je suppose. »
Elle haussa un sourcil écoeuré par l’évolution des choses. Inutile de dire que ça ne lui plaisait pas. A qui cela plairait ?
* Aaaah, je me disais bien aussi.*
Personne ne pouvait être parfait sans fêlure, sans brisure. Elle perçut de la colère contenue, de la haine sans nom et une envie sanguinolente émaner du jeune homme. Elle préjugeait que cette colère était faite à son encontre bien évidemment – on avait tous une raison pour être ici et elle ne savait que trop bien qu’il était difficile d’en parler – mais également et surtout à l’encontre de ces anomalies. La vengeance ? Un moyen comme un autre de rejoindre le Front et d’y faire ses preuves. Mais pas la meilleure. La vengeance était un sentiment trop fort, trop aléatoire et imprévisible. On ne la maîtrisait pas.
« On ne peut décemment pas laisser des anomalies de la nature se balader comme bon leur semble. »
* et risquer de nous asservir.*
Elle se racla la gorge et jeta un coup d’œil à sa montre. Elle avait encore un dossier à terminer avant de se consacrer à ses autres activités mais le café était encore trop bondé pour qu’elle puisse décemment le faire au vu et au su de tous. Contrairement à un dénommé Taylor, elle avait une certaine discrétion. Ne trouvant rien de mieux que faire la conversation futile avec son interlocuteur, elle se rendit sur un terrain moins risqué mais tout aussi ennuyeux. Après tout, c’était une conversation :
« Ca fait longtemps que tu es à Shade Creek ? »
Elle ne connaissait encore rien ou presque de cette ville. Elle était pourtant bien différente de ses anciens lieux d’affectation. _________________
Simple to see why I breathe No one bothers me completely |
|  | | | Un café et l'addition [ZEPHYR] | |
|
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| | |
| |